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Aération


Larve de Cétoine dorée

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escargots

 

L'exemple vient de la nature !

Depuis la nuit des temps, les feuilles tombent, les animaux défèquent, les arbres meurent. Le sol de nos forêts n'est pourtant pas recouvert de déchets organiques. La couverture d'humus ne fait généralement pas plus de 20 centimètres d'épaisseur. Et pourtant, les feuilles tombent depuis des millions d'années...
Lorsque matière organique tombe sur le sol, c'est une véritable armée de micro-organismes qui se met au travail. En quelques années, quelques mois ou quelques jours, cette matière est revalorisée. Tous ces composants sont remis à la disposition des végétaux. La forêt ne connaît pas le concept des immondices.
L'homme quant à lui fait depuis des siècles des tas de fumiers. Mais si on ne s'en occupe pas, si la composition n'est pas optimale, ces tas de détritus organiques dégagent une odeur nauséabonde et mettent au mieux deux ou trois ans pour donner une matière utilisable.
C'est en cherchant des solutions aux quantités de plus en plus importantes de déchets organiques que nous produisons et en observant les mécanismes de notre Mère-Nature que de nouvelles techniques de compostage se sont développées.
Pour en arriver maintenant à des techniques qui produisent en quelques mois du compost d'excellente qualité qui ne sent pas mauvais. Le compostage est "un processus par lequel des matériaux biodégradables sont mis ensemble pour être convertis en un amendement humifère stabilisé, grâce au travail d'organismes biologiques vivants sous conditions contrôlées".C'est un processus naturel !

Les dizaines d'espèces de micro-organismes et de petits animalcules se développent par millions sur les déchets organiques en se nourrissant de sucres, de protéines, de cellulose et d'autres constituants des matières organiques. Le but du compostage est d'optimiser les techniques afin que les différentes vagues de micro-organismes se développent dans des conditions favorables et dans des délais raisonnables. Les organismes les plus actifs dans le compost peuvent être classés en deux catégories : les micro-organismes et les macro-organismes.

Les micro-organismes

Les bactéries : (taille: quelques microns)
De tailles et de formes variables (souvent filamenteuses). Elles sont toujours présentes dans la masse des déchets organiques dès le début du processus. Elles restent actives durant tout le compostage et en particulier à haute température. Elles se multiplient très rapidement. Cette multiplication rapide et en grand nombre d'espèces différentes permet l'utilisation de résidus organiques "tout venant".


Les champignons : (taille : quelques microns à quelques millimètres)
Ils agissent surtout sur les matières qui résistent aux bactéries. Ils ont donc un rôle capital. Les champignons ne résistent pas à des températures supérieures à 50°C; ce qui explique qu'on les retrouve plus particulièrement en périphérie du compost. On peut voir apparaître à la surface du compost des champignons macroscopiques, mais ceux-ci ne sont que la manifestation externe du mycélium microscopique se trouvant à l'intérieur du compost.
Les champignons sont également les seuls à encore pouvoir travailler dans un compost plus sec, là ou les autres ont abandonné la partie.


Les actinomycètes : (taille : quelques microns)
Ce sont des sortes de bactéries filamenteuses, ils agissent plus tardivement que ces bactéries et les champignons et se multiplient moins rapidement. Les actinomycètes sont actifs dans les derniers stades du compostage. Ils se sont spécialisés afin de s'attaquer aux structures plus résistantes comme la cellulose, l'hémicellulose et la lignine (constituants du bois notamment).A côté de ces trois types de micro-organismes, on retrouve également dans le compost, des algues, des virus, des protozoaires.

 

Les macro-organismes

Les macro-organismes sont très diversifiés dans le processus du compostage. Les lombrics du compost, par exemple, agissent au début du processus, sur des éléments peu décomposés (après la phase thermophile). Les grands lombrics quant à eux entraînent dans leurs terriers des fragments de feuilles ou même des feuilles entières. Ils intègrent ainsi un mélange de débris organiques et leurs excréments constituent un milieu idéal pour les activités microbiologiques du sol qui conduisent à l'élaboration du compost mûr. Beaucoup d'autres macro-organismes apparaissent, surtout dans la phase de maturation du compost.
Les principaux macro-organismes du compost sont les vers de compost ou de fumier (de plusieurs genres), les insectes, les acariens, les gastéropodes, les myriapodes, les cloportes, etc... A titre indicatif, voici un tableau reprenant la quantité d'êtres vivants que l'on peut trouver dans un kilo de compost en activité. (Source: DGNRE-1999)

TYPES D'ORGANISMES / NOMBRE PAR Kg DE COMPOST
Bactéries / 1.000.000.000 à 10.000.000.000
Actinomycètes / 1.000.000 à 100.000.000
Champignons / 10.000 à 1.000.000
Algues / 10.000.000
Virus / Indéterminé
Protozoaires / Jusque 5.000.000.000
Vers de compost / Jusque 1.000
Collemboles / 10.000
Autres insectes et larves / 2.000
Acariens / 10.000
Crustacés (cloportes) / Jusque 1.000
Gastéropodes / 20

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Le processus

 

Ces différents organismes ne vivent pas dans les mêmes conditions de température et ne se nourrissent pas tous des mêmes substances. En se nourrissant de ces matériaux et en les digérant, les organismes produisent de nouvelles matières (humus) qui sont consommées par d'autres.
Au cours du processus de compostage la composition des produits organiques change dans la matière, de même que les communautés vivantes.
Au début du compostage, seuls les micro-organismes sont actifs. Cette phase, pendant laquelle beaucoup d'oxygène est consommé, et pendant laquelle la température monte, est appelée phase de décomposition (comprenant les phases mésophile, thermophile, et de refroidissement).
Le processus de digestion commence dès que nous rassemblons les matières organiques. Les micro-organismes entrent en action, ils utilisent des enzymes qui détruisent d'abord les parois cellulaires des tissus tendres. Quand les parois cellulaires sont percées, le contenu de la cellule coule, et il reste une structure molle. C'est ce que l'on peut appeler "pourrir". Dans cette phase, les bactéries sont à l'œuvre. Les éventuels effets négatifs du pourrissement tels que l'odeur d'acidité sont réduits à néant par la présence de matériaux structurés et par une aération régulière assurée par le brassage des matières.
Une autre conséquence de l'activité des micro-organismes est l'élévation progressive de la température (phase mésophile =A), qui est particulièrement importante au début du processus de compostage. L'énergie présente dans les matières organiques est transformée en chaleur.

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Dans un grand tas de compost, la température peut atteindre de 50 à 60°C et parfois plus (70 à 80°C dans des tas de plusieurs dizaines de m3) (phase thermophile =B). Lorsqu'on atteint de telles valeurs, la digestion est la plus rapide. Dans la zone chaude les germes de maladies et les graines adventices éventuellement présents dans les déchets de jardin sont neutralisés.
On peut comprendre que la phase de décomposition  est jumelée avec une réduction de volume perceptible. La réduction qui se produit les premiers jours après la mise en tas, ou après le remplissage d'un bac (ou d'un fût) est à imputer au poids propre et à la perte de structure de la matière qu'on a apporté. La transformation de la matière carbonée sous forme de CO2 volatile et l'évaporation de l'eau constituent les autres sources de réduction du volume.


Cloportes


Coléoptère


Mille-pattes

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Collemboles

 

Branches


Epluchures légumes


Déchets verts

 


Arrosage

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Test de la poignée


Test de maturité

 

La température redescend progressivement (phase de refroidissement =C) et les champignons colonisent la matière. Sous 30°C, les micro-organismes restent actifs, mais sont dorénavant accompagnés par des organismes de plus grande taille (phase de maturation =D) : des vers de compost, des acariens, des collemboles, des cloportes, des coléoptères, des mille-pattes,... en fait tous les micro-organismes qui vivent dans la litière, entre les feuilles, sous les arbres et branches, ou sous un morceau de bois vermoulu. Pendant que les micro-organismes poursuivent la transformation des déchets grâce aux excrétions de leurs propres enzymes, la décomposition par les macro-organismes se passe dans leur tube digestif. Ils grignotent les bouts de bois devenus tendres ou aspirent la substance des cellules, Le matériau est réduit en petites particules qui continuent leur décomposition dans le tube digestif et ensuite lors de la colonisation des excréments par les micro-organismes.


Le matériau perd donc tout à fait son aspect d'origine. Alors que dans la première étape (avant la phase de maturation), les feuilles étaient brunes et restaient reconnaissables, une fois que les vers (pour les parties tendres) ou les collemboles (pour les parties plus dures) s'y mettent, on ne trouve plus que des "miettes". Ces particules ont une surface totale mille fois plus développée que la surface originelle de la feuille. Sur cette énorme surface, d'autres macro-organismes se mettent au travail. La transformation finale de la matière organique en éléments nourriciers, eau et oxygène est appelée "minéralisation"; ceci principalement grâce aux vers de compost. Les substances minérales formées sont les nutriments pour la plante. Au fur et à mesure de la décomposition des matières organiques, l'humus se forme. La température et l'acidité (pH) vont évoluer tout au long du processus de compostage.

 

Le rapport Carbone/Azote

Pour faire un compost, il ne suffit pas de mettre n'importe quelles matières organiques dans un fût ou sur un tas. Il faut faire attention aux quantités de Carbone et d'Azote apportés. Pour que le compostage se fasse dans des conditions optimales, le bon rapport Carbone / Azote doit être de 20-30.
Les chaînes chimiques carbonées sont utilisées par les organismes comme source énergétique, qui donnera du CO2 gazeux et de la chaleur. Pour leur croissance (synthèses protéiniques), ils utiliseront les dérives azotées.

 

Les matières carbonées (C)

Ce sont les déchets Bruns, Durs et Secs, comme par exemple les branches, feuilles mortes, la paille, les branches broyées, le papier, le carton. Ils contiennent beaucoup plus de carbone que d'azote. Les chaînes carbonées (glucose, cellulose, lignine,...) constituent la source d'énergie des décomposeurs et sont pour la plupart transformées en eau et en dioxyde de carbone, en produisant de la chaleur :
(ex: Glucose: C6H12O6 + 6xO2 -> 6xCO2 + 6xH2O + 694Kcal par môle).
On pourrait croire que, comme ils sont riches en énergie, ils vont être vite transformés. Mais comme ces matériaux ne contiennent pas beaucoup d'azote, les décomposeurs n'y trouvent pas tous les éléments nécessaires à leur croissance ainsi qu'une humidité suffisante. Leur décomposition sera donc assez lente. C'est la raison pour laquelle ils seront mélangés avec des matériaux azotés.
Les matières azotées (N)

Ce sont principalement les déchets Verts, Mous et Mouillés, comme les épluchures de fruits, les restes de légumes et tonte de gazon. Ils sont facilement digérables, les micro-organismes y trouvent sucres et protéines en abondance pour se nourrir, se développer et se reproduire. Ils sont suffisamment humides (avec parfois un taux d'humidité supérieur à 80%). Ils posent de ce fait un problème important : étant donné qu'ils sont sans structure, ils ne laissent pas circuler l'air et n'assurent pas bien l'élimination de l'eau excédentaire. Si on travaille uniquement avec des matières azotées, on risque d'obtenir une substance visqueuse et la formation d'odeur désagréable (processus anaérobiques). Elles seront donc mélangées avec des matières carbonées, structurantes. Notons qu'il est possible de n'utiliser que des déchets azotés et sans odeurs grâce au lombricompostage. Il faut donc mélanger judicieusement ces deux types de matériaux pour avoir un bon rapport Carbone/Azote; ce rapport doit être théoriquement entre 20 et 30. Il faut que la quantité de l'élément chimique carbone (C) soit 20 à 30 fois plus importante que la quantité que l'élément chimique azote (N) en fonction de leur composition chimique. Cela ne veut pas dire qu'il faille 20 à 30 fois plus de matières carbonées que de matières azotées ! !En pratique, en mélangeant une à deux parts de matière azotées pour une part de matières carbonée, on évite les problèmes de déséquilibre C/N.

L'humidité

Elle doit si situer aux alentours des 50-60%. L'eau est nécessaire au développement des micro-organismes. Elle sera apportée principalement par les composés azotés (et l'arrosage). Un manque d'eau va ralentir la décomposition mais un surplus va également ralentir le compostage et peut provoquer un processus anaérobique qui favorisera les mauvaises odeurs. Il faut là aussi faire attention à mélanger des matériaux humides et secs.
L'élévation de la température dans un tas va provoquer un phénomène d'évaporation, il faudra y faire attention et rectifier si nécessaire par un arrosage.


Le test de la poignée
Vérification de l'humidité sur un compost en formation. Prenez une poignée de compost dans la main et pressez-la.
- Si quelques gouttes perlent entre les doigts et que le matériau ne se disperse pas quand vous ouvrez la main, le compost à une bonne humidité.
- Si un fin filet d'eau s'en échappe, il est trop mouillé.
- Si rien ne coule et que le paquet se défait, il est trop sec.

Le test de la tige métallique
Vérification de l'humidité sur un compost jeune. Après 2 ou 3 jours, enfoncer une tige ou un tuyau en métal dans le compost (jusqu'au centre si possible). Après 10-15 minutes retirez l'objet:
- S'il est chaud et humide, le compostage se passe bien et a une bonne humidité.
- S'il est froid et humide, il est probablement trop mouillé.
- S'il est chaud et sec, il n'y a probablement pas assez d'eau

Test de maturité
Remplissez un récipient d'un mélange de terre (50 %) et de compost (50 %). Semez du cresson. Si le cresson pousse rapidement sans devenir bleu, le compost peut être utilisé. Si la croissance est imparfaite et que les feuilles sont abîmées, le compost convient uniquement au mulching.

L'aération

C
omme pour nous, l'oxygène est indispensable à la vie des organismes. Une bonne aération engendrera une bonne décomposition des matières organiques (si les autres paramètres sont présents). Par contre, une mauvaise aération déclenchera des processus anaérobiques qui produiront de mauvaises odeurs ! L'aération sera assurée principalement par des matériaux structurants. C'est le second rôle des matières carbonées qui sont plus sèches et plus dures que les matières azotées. La présence de lignine plus dure dans leur composition fait qu'ils gardent une certaine granulométrie, importante surtout en début et milieu de processus. En fin de processus, quand les éléments seront déstructurés, les vers de compost se chargeront de l'aération interne.

doc_05 lombricVers de compost
La température après des retournements

Pour garder une bonne oxygénation, les retournements sont importants. Ils permettront de mélanger les matériaux (pour qu'ils soient tous bien "attaqués") et d'entretenir l'aération (qui diminue à cause du tassement). Le retournement redonne un coup de feu au compost, le processus biologique redémarrera et la température va de nouveau augmenter. Les relevés de température dans un tas l'illustrent bien (graphique ci-dessus). Dans un fût, l'aération se fera à l'aide de la tige aératrice. Dans un lombricompost, le brassage des vers suffira à assurer l'aération.

Les matières compostables

Matière.......................Compostabilité.....C/N....Remarques
Déchets de légumes...............très bonne.....................NNN
Tonte d'herbe fraîche..............très bonne.....................NN........Bien mélanger
Litières (herbivore/granivore)...très bonne.....................NN......Litières biodégradables !
Épluchures pomme de terre....Prend un peu de temps..N N......Faire des petits morceaux
d'agrumes et de fruits

Fumier de bovidés et ovidés...très bonne.....................NNC....Incorporer structurants
Plantes d'appartement ............Bonne............................NN

Remarques :
- Les pommes de terre, achetées en magasins, sont souvent aspergées d'anti-germinatifs. Les agrumes sont eux traités avec des produits tel que le biphényl. Il faudra donc éviter d'en mettre trop en un fois dans un compost dont la température ne montra pas assez (comme le fût ou le bac avec apport journalier de matière).
- Les tontes de pelouses, les feuilles, déchets de jardin ou de fleurs, tailles de haies perdent de l'azote en séchant...

Les techniques

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LE TAS
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LE SILO
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LE FUT
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VERMICOMPOST


Forme Trapézoïdale

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En Andain

Quelle que soit la technique utilisée, le principe est toujours le même, il faut s'assurer que les micro-organismes aient les conditions idéales pour se multiplier et pour décomposer les matières organiques.
Mais qu'un compost évolue bien, il faut tenir compte des paramètres suivants :
1) L'aération    2) L'humidité    3) Le rapport Carbone/Azote    4) Une bonne gestion

Les techniques exposées ici sont les plus utilisées au niveau des particuliers. Elles sont simples et n'exigent ni investissement coûteux, ni opérations délicates, ni grand effort.

LE TAS

Lorsque votre jardin est important (> 10 ares), cette technique s'avère la plus adaptée. Vous pouvez monter un tas et le compléter ensuite avec des apports quotidiens. Mais vous pouvez aussi le combiner avec un fût, utilisés pour les déchets organiques quotidiens et placé par exemple près de la cuisine.La technique en tas est celle qui demande le moins d'aménagement. Le tas doit être monté en forme trapézoïdale. Il aura 1.5-2.2 m de côté, 1-1.5 m de haut (trop haut, il sera difficile à retourner à la fourche). Votre tas devra avoir minimum 2-3 m3 pour que la température monte bien et pour qu'il résiste aux conditions extérieures, la matière n'étant pas "protégée" contrairement aux autres systèmes. Si vous avez beaucoup de matière, il est intéressant de le faire en andain. L'aspect du tas n'est pas toujours très beau, si vous risquez des problèmes de voisinage, placez-le à l'abri des regards. Le recouvrir d'un plastique troué, de géotextile, de paille ou de feuilles peut améliorer l'aspect visuel et limiter le lessivage.

L'aération
Elle est bien évidement très importante. Elle sera assurée par les matières structurantes et les retournements. Le tas étant volumineux, pour avoir une bonne aération, la composante carbonée est très importante, ne la négligez pas. Une couche de broyat avant le monter le tas empêchera la putréfaction du fond du tas. Et une bonne composition en matériaux structurant laissera passer l'air dans tout le tas. Les retournements à la 'fourche légère' entretiendront cette aération. En effet, certaines parties se tassant plus, il se crée des zones plus humides et anaérobioses. Le retournement homogénéisera ces parties qui se composent moins bien et les matières structurantes réguleront de nouveau l'aération. Deux à trois retournement sur 9 mois, un an suffisent.

L'humidité
L'eau sera apportée par les éléments humides incorporés (importance ici des matières azotées), ainsi que par l'arrosage. Vous rectifierez si nécessaire la présence d'eau au moment de l'apport de déchets et particulièrement lors des retournements. C'est le moment idéal pour vérifier l'humidité. Si vous montez le tas en une fois, arrosez tous les 20 cm (environ 1-2 arrosoir pour 1 m2). Vous vérifierez de temps à autre l'humidité du tas en y enfonçant une tige métallique ou par le test de la poignée (prenez dans ce cas précautionneusement un échantillon en profondeur dans le tas et pas en surface !). Si le tas est couvert (conseillé mais pas indispensable), il n'y aura que peu de dessèchement par ventilation. Le surplus d'eau sera évacué par gravité dans le sol.

Le rapport Carbone/Azote : Très important !
Il ne suffit pas de mettre nos déchets ménagers dans un tas pour que cela fonctionne. Un bon rapport Carbone/Azote est de 20-30. Or les déchets organiques ménagers ont une tendance à être riches en azote. Gardez donc une réserve de matière riche en carbone à côté de votre tas (feuilles mortes, broyat,...). Quand vous mettez des déchets organiques ménagers (riches en azote), incorporer la même quantité de matière carbonée afin d'avoir un bon rapport C/N. Les déchets de jardin ligneux (fleurs avec tiges, plants de haricots ou de tomates,...) sont assez équilibrés en C/N. Les tailles de haies (broyées) sont également un très bon apport au compost. Ces matériaux possèdent des feuilles à tendance azotée et des tiges à tendance carbonée.

L'installation
Le tas sera placé dans un endroit ombragé. Si son aspect n'est pas toujours très esthétique, néanmoins il ne doit pas ressembler à une décharge à ciel ouvert ! Pour évitez d'éventuels désagréments avec les voisin, essayez de le disposer à l'abri des regards. (Par exemple le long d'une haie d'arbres indigènes tels que sureaux, noisetiers, charmes,...)

Le tas doit être monté en forme de cône ou en forme trapézoïdale. Il aura 1.5-2 m de côté, 1-1.5 m de haut (trop haut, il sera difficile à alimenter et à retourner à la fourche). Votre tas devra avoir minimum 2-3 m³ pour que la température monte bien.
Le tas sera monté sur le sol grossièrement travaillé ou tout au moins dégagé des éventuelles grosses pierres et vieilles racines. Ne faites pas de trou dans le sol pour y entasser vos matières organiques! Le jus du compost va stagner dans ce trou, une fermentation anaérobique va s'installer et des odeurs vont se dégager de votre tas !
Placez un paillage ou du fin branchage sur le sol et entassez vos déchets organiques.

Et les petits prédateurs comme les taupes, mulots, musaraignes ?
Si le tas est homogène, suffisamment humide et chaud, que les déchets de cuisine ne sont pas jetés sur le dessus, vous aurez peu ou pas de rongeurs dans votre tas.
Eviter de placez un treillis sur le sol comme dans les autres techniques. Le tas n'étant pas protégé, cela n'arrêtera pas les petits animaux et sera plutôt gênant pour les retournements futurs ...
Sachez que les hérissons, musaraignes et sans une moindre mesure le mulot, sont insectivores et mangent les petits invertébrés. Donc vous débarrassent des limaces et limaçons du jardin... Campagnols et loir par contre apprécient les jeunes légumes, bulbes, racines. Placer pour finir votre couverture

Une bonne gestion
Comme pour le silo, 2 gestions peuvent être envisagées :
1. Le tas peut être monté en une fois. Vous récoltez 1 m3 de matières (avec un bon équilibre C/N), vous mélangez bien pour avoir une bonne aération et vous montez le tas. L'avantage de cette technique est que la montée de température sera plus importante et plus longue. Cette technique sera utilisée si une quantité de déchets est importante à une certaine période (par exemple lors de la taille des haies, ces matériaux ayant un excellent équilibre C/N).
2. Le tas est monté par de petits apports réguliers. Géré comme dans un silo ou un fût, il faudra alors veiller à l'apport de matière carbonée et mélanger de temps en temps. La montée de température sera moins importante.
Il est bien entendu important de respecter les trois paramètres du compostage: rapport C/N, humidité, aération.
Pour éviter les odeurs et les prédateurs (mouchettes, rats, souris,...) il faudra toujours couvrir le dernier apport de matières organiques venant de la cuisine par une couche de carboné (feuilles, broyat,...).

Couvrir le compost
Nous conseillons de placer une couverture sur le tas car elle réduit le dessèchement, limite le lessivage par la pluie et garde la chaleur. Elle sera composée de paille, de broyat ou de feuilles mortes.Lors d'un apport important de matière, la couverture permet à la température de monter plus vite et plus fort. Une couche de couleur foncée absorbe même la chaleur du soleil.Elle dissuade aussi les oiseaux à venir retourner le dessus du tas.Cette couverture peut également être réalisée avec un plastic troué, un géotextile ou une bâche  en nylon tressé,...
Remarque : la toile de jute a pour effet de pomper l'eau du tas par sa face intérieure et de la faire s'évaporer à sa surface extérieure, évitez donc de l'utiliser comme couverture...
Le retournement
Il est important. Il se fera avec la technique dite 'de la fourche légère'. Le premier retournement se fera environ après 1 mois, le deuxième environ après 3 mois, le dernier (normalement le dernier...) après six mois. Si vous avez du temps à consacrer à votre compost, retournez-le tous 1 ou 2 mois. Il sera toujours bien aéré et sera plus vite décomposé.Il se fera à coté du tas. La surface de réception pourra éventuellement être légèrement travaillée avant.  Dans le cas d'un tas en andain, refaites un tas à côté, parallèlement au premier ou, plus pratique et prenant moins de place, retournez le tas dans son alignement d'origine. Dans tous les cas, mettez les matières les plus fraîches et les couches périphériques dans le fond et à l'intérieur du nouveau tas pour qu'elles puissent subir elles aussi une bonne décomposition. Recouvrez !Le processus est fini !

Si la température monte bien (50-70°C voir plus), le processus complet dure environ de 6 à 9 mois. Mais laissez-le se faire sur 1 an. Du compost mi-mûr étalé sur le potager n'est pas toujours apprécié de certains légumes.

La technique la plus aisée est la suivante :
Placez une bâche au sol à coté du tas. Retirez les parties extérieures (généralement moins compostées) et placez-les de côté. Dans la partie intérieure, récupérez le compost mi-mûr ou mûr et mettez-le à sécher. S'il en reste, retirer les brindilles du fond ou aérez-les à nouveau si vous refaites le tas à cet endroit. Rechargez éventuellement cette couche de broyat ou de brindilles, ensuite remettez le compost non fini, terminez par la couverture.Le compost obtenu peut éventuellement être humide, mettez-le dans ce cas à sécher en le couvrant d'une bâche pour éviter son lessivage par la pluie. Si vous avez l'occasion en journée, retirez la bâche pour activer l'évaporation et retournez-le de temps en temps. Une fois l'excédent d'eau éliminé, tamisez le compost; les gros morceaux pourront être remis au compostage. Etendez-le dès que possible sur les surfaces désirées.Le compost mûr peut être gardé plusieurs années, mais il perd évidement de ses propriétés au cours du temps. Les micro-organismes quittant cet élément favorable dans lequel la nourriture va se raréfier. Nous conseillons de l'utiliser au plus vite, dans les six mois.

LE SILO

Un silo a un volume de +/- 1m³. Cette capacité est généralement suffisante si vous avez un jardin d'une superficie de 3 à 10 ares. Pour faciliter le travail, vous pouvez construire 1, 2 ou 3 bacs (ou plus si nécessaire...). La technique du compostage en silo(s) est sensiblement la même que le tas mais adaptée à la quantité de matière à traiter. Elle est un peu plus simple et un peu plus propre.

L'aspect général du silo : Il existe sur le marché différentes sortes de silos ou bacs. Ils peuvent être en bois, plastique ou treillis, munis de couvercles ou non, sur support ou non, avec ou sans porte ou face amovible. Vous pouvez également le fabriquer vous même ! Si vous optez pour l'achat d'un bac, vérifiez bien les points suivants :

  • L'accès à l'intérieur du bac par la face avant doit être aisé. Le retournement du compost ou son transfert doivent être faciles.
  • La ventilation doit être bonne. Idéalement sur tous les côtés. Mais, les fentes ne doivent pas être trop grandes (1-2 cm entre les planches) surtout s'il est installé en plein vent. S'il est muni d'un fond, il doit être suffisamment percé.
  • Il doit être muni d'un couvercle amovible ou à charnière.

Si vous optez pour un silo en treillis (type Verdel ou autre) vous recevrez un (ou plusieurs) plastique(s) souple(s). Regardez à la qualité de ce plastique, il doit être assez épais, noir de préférence et troué pour l'aération (Voyez plus loin).
Veuillez à ce que le compost soit toujours couvert, en installant un couvercle sur vos silos ou en mettant simplement un carton sur les matières. Ceci empêche que ce soit détrempé par la pluie mais surtout pour garder la chaleur à l'intérieur. Trouez le carton avec une fourche afin d'assurer la circulation d'air.

Dans la pratique, il est plus facile d'avoir 2 à 3 silos. Le premier pour le compost jeune, le deuxième pour le retournement. Le troisième pour un deuxième retournement et la maturation du compost.
Vous pouvez aussi avoir 3 bacs + un bac de réserve carbonée avec éventuellement un bac d'eau pour le trempage des herbacées en graine ou du broyat. Toutes les variantes sont possibles. C'est à vous de voir selon la place disponible et la quantité de matières que vous composterez.

Fabrication d'un bac à compostage

 

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Volume Diam. Longueur Treillis
(litre)..... (cm)..........(cm).....
200.........50.............159.......
300..........62.............194.......
400..........71.............224.......
500..........80.............251.......
600..........87.............275.......
700..........94.............297.......
800.........101............317.......
900.........107............336.......
1000.........113............354.......
1200.........124............388.......
1500.........138............434.......


Aération


Arrosage

Silos en bois

Il est assez simple de fabriquer des bacs en bois. Vous pouvez même simplement récupérer des palettes et les assembler avec du fil de fer. Le tout étant de respecter certains points:
1- Gardez un espace de 1-2 cm entre les planches composant les côtés pour la ventilation.
2- faites une "porte" à la face avant du bac ou garder cette palette amovible.
3- pour la longévité, enduisez le bois de carbonyléum végétal ou d'huile de lin.
4- Pas de fond, mettez un treillis sur le sol légèrement bêché.
5- Espaces entre les planches entre 1 et 2 cm.
6- Face avant amovible pour faciliter les retournements.
7- Piquets enfoncés dans le sol pour la stabilité.
8- Couvercle amovible (avec ou sans charnière).

Si vous fabriquez les bacs avec des palettes de récupération, placez la face supérieure de celles-ci du côté intérieur du bac, cela facilitera les retournements.

Silos en béton

Il demande plus de temps de fabrication que le bac en bois, mais il a l'avantage de la longévité.Il n'est pas indispensable de faire une chape en béton, elle empêche l'aération par le fond et rend plus difficile l'arrivée d'organismes comme les vers de terre.

Faites attention à l'aération, construisez votre bac en ménageant des espaces verticaux libres de mortier (de 2-3cm) entre les blocs.
Placez ici aussi de préférence un treillis sur le fond.
Vous pouvez également aménager un système de drains enterrés sous vos silos. Ils élimineront le surplus d'eau qui pourrait s'accumuler dans le sol.

Silos en traillis "Verdel"

Mis au point par un suisse "verdel", ce silo en treillis est facile d'emploi et assez esthétique. Vous pouvez vous inspirer pour en fabriquer un.
Prenez un treillis quadrillé de 1 m de haut avec des trous de 10-13 mm (ou plus grand mais alors en fils plus épais). Coupez-le à la bonne longueur, calculée selon le volume désiré par la formule suivante
L = Racine_Carrée ( 125.66 x Volume )(Longueur en Cm et Volume en Litre)

Longueur du  treillis selon le volume désiré
Faites un cylindre avec le treillis et attachez les 2 bords ensemble avec, par exemple, une ficelle tressée entre les quadrillages. Vous pouvez aussi utiliser une fine tige métallique.
Du côté intérieur de ce silo, vous placerez un plastique noir ou vert foncé troué. Les trous auront entre 5-10mm de diamètre. Le plastique devra dépasser des bords (d'au moins la moitié du diamètre!) pour pouvoir être refermé sur le compost.
Le plastique peut également être remplacé par du carton troué...
Une variante est de simplement placer 4 piquets de clôture dans le sol et de les entourer d'un treillis, tout simplement...

L'aération
Comme dans toutes les techniques de compostage, il est important que l'aération du compost soit très bonne. L'aération devra se faire par les côtés du silo mais aussi par le fond. Placez donc une couche de branchages ou de broyat sur le fond avant de commencer à mettre vos matières organiques. Dans le cas d'un silo en treillis, les trous dans le plastique permettent à l'air de passer par les côtés. Le couvercle évitera l'évapo-transpiration lors de la montée en température du tas et lorsque le temps est trop sec. Comme toujours, le retournement est important, surtout pour les gros volumes. Il permet de réaérer le tas. Les matières organiques vont en effet se tasser pendant la phase thermophile. Retourner le tas dans le 2ème bac avec la technique de la "fourche légère". Le 1er retournement se fera après 1 mois. Les suivants peuvent être espacés (le 2ème à 3 mois, le 3ème à 6 mois) ou se faire seulement sur les parties plus fraîches mais attention à l'anaérobie. Si vous avez le temps, retourner le tas tous les mois...

L'humidité
La gestion de l'humidité dans un silo est un peu plus difficile à gérer que dans un fût. Elle dépend beaucoup des conditions atmosphériques. Avec l'expérience, vous trouverez les bonnes quantités d'eau à apporter. Si vous monter votre tas en une fois, vider un arrosoir +/- tous les 15-20cm. Si vous montez votre tas au fur et à mesure, vérifiez et rectifiez l'humidité toutes les 2 semaines environ. Le tas est généralement plus sec sur les bords. Ceci est dû à la ventilation. Un retournement avec un petit coup d'arrosoir arrangera cela. Le retournement est le moment idéal pour rectifier l'humidification du compost.Voir "le test de la poignée".(voir page 5)

Le rapport Carbone/Azote
Très important ! Il ne suffit pas de mettre nos déchets ménagers ou de jardin dans le fût pour que cela fonctionne. Un bon rapport Carbone/Azote de 20-30 doit être respecté. Or, les déchets organiques ménagers, les tontes de pelouse ou les légumes à feuilles (salade, épinard,...) ont une tendance à être riches en azote. Il est donc important d'avoir une réserve de matière riche en carbone (feuilles mortes, broyat,...) à côté de votre silo (ou prévoyez un silo rien que pour ces matières). Quand vous mettez des déchets à tendance azotée dans le bac, incorporez la même quantité de matière carbonée afin d'avoir un bon rapport C/N, ou calculez plus précisément les quantités à apporter avec le tableau des matières compostables .

 

L'installation
Le ou les bacs seront placés de préférence à mi-ombre ou à l'ombre. En plein soleil, il(s) risquerait(ent) de se dessécher trop vite. Disposer votre bac à un endroit facile d'accès et à un endroit qui vous permet de le retourner facilement. L'aspect esthétique pourrait également déranger le voisinage. Faites attention à ce point quand vous le construisez ou disposez-le à l’abri du regard. Travaillez les 10-20 premiers cm du sol qui accueillera votre bac, cela facilitera l'invasion du tas pas les organismes composteurs.Vous pouvez éventuellement disposer ensuite un treillis sur le sol ou au fond du bac si vous l'ancrez. Cela diminuera l'arrivée de rongeurs ou d'insectivores par le sol. En effet, ceux-ci feront un festin en ingérant les insectes et vers de terre qui leur sont ainsi livrés sur un plateau d'argent... Pour le silo en treillis, couvrez l'intérieur du treillis avec du plastique noir troué ou des cartons (blancs ou bruns non colorés) troués. Attention, arrêtez le plastique à 3 cm du sol ! Si vous allez jusqu'au fond, le compost se met sur le plastique et le démoulage sera alors difficile, et vous risquerez de déchirer le plastique. Placez une couche de 10-15 cm de matières structurantes dans de fond de votre bac (broyat, branchettes,...) afin d'éviter que le fond ne soit trop tassé et empêche l'air de passer. Vous pouvez maintenant remplir votre silo... N'oubliez pas votre rapport C/N ainsi qu'une bonne humidité ! Refermez le couvercle ou si vous n'en avez pas, placez une tôle ou une couverture imperméable mais laissant passer l'air (plastique troué, géotextile,... ou un simple carton troué à l'aide d'une fourche). Pour le silo Verdel, refermer le plastique sur les matières et posez une dalle ou une brique dessus, cela conservera l'humidité.

Une bonne gestion
Comme pour le tas, 2 gestions peuvent être envisagées :
1 - Le silo peut être monté une fois. Vous récoltez 1 m3 de matières (avec un bon équilibre C/N), vous mélangez bien pour avoir une bonne aération et vous montez le tas. L'avantage de cette technique est que la montée de température sera plus importante et plus longue.
2 - Le silo est monté par de petits apports réguliers. Il faudra alors mélanger de temps en temps (de préférence à chaque apport). La montée de température sera moins importante.

Pour éviter les odeurs et les prédateurs (mouchettes, rats, souris,...) il faudra toujours couvrir le dernier apport de matières organiques par une couche de carboné (feuilles, broyat,...).Le retournement est important. Il se fera avec la technique dite 'de la fourche légère'. Le premier retournement se fera après 1 mois, le deuxième après 3 mois, le dernier (normalement) après six mois. Vous en profiterez pour tamiser votre compost.
Si vous avez du temps à consacrer à votre compost, retournez-le tous les mois ! Il sera toujours bien aéré, sera plus vite décomposé et la qualité du compost meilleure.

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Le silo est plein ! Il ne vous reste plus qu'à le vider...Si votre silo est plein en quinze jours, posez-vous la question : est-ce assez grand pour moi ? La réponse sera NON... Construisez donc un second conteneur ou passez au compostage en tas.Le compost de votre bac sera utilisable après 6 ou 9 mois de sa mise en service (ou plus en région froide). Il faut maintenant récupérer le compost mûr.

Si votre système ne possède qu'un ou deux bacs, la technique la plus aisée est la suivante :
Placez éventuellement une bâche au sol à coté du silo. Retirer la partie du dessus (non compostée) et mettez-la de côté. Dans la partie inférieure, récupérez le compost mi-mûr ou mûr et mettez-le à sécher. Retirer enfin les brindilles du fond (s'il en reste...). Lavez éventuellement le bac. Replacer les brindilles (complétez), ensuite le compost non fini, terminez par un peu de matières carbonées. Et voilà... Si vous possédez 3 bacs ou plus, transvasez le compost d'un bac à l'autre. Retournez-le "à la fourche légère" afin de casser les mottes, cela apportera de l'aération dans le compost. Dans le troisième silo, le compost obtenu sera homogène à la fin de sa maturation. N'oubliez pas de toujours couvrir vos silos ! Cela permet de garder température et humidité dans votre compost, le processus de compostage se fera dans de meilleures conditions. De plus, une couverture empêche le compost d'être lessivé par la pluie. Vous pouvez fabriquer des couvercles amovibles sur les bacs, il est plus intéressant d'avoir "la couverture" directement sur la matière. Un géotextile, un plastique perforé ou un grand carton troué suffisent. Le compost obtenu est généralement fort humide, mettez-le donc à sécher en le couvrant d'une bâche. Si vous avez l'occasion, en journée retirez la bâche pour activer l'évaporation et retournez-le de temps en temps. Une fois l'excédent d'eau éliminé, tamisez le compost; les gros morceaux seront remis au compostage pour redémarrer un nouveau silo. Le compost peut être gardé plusieurs années, mais il perd évidemment ses propriétés au cours du temps, les micro-organismes quittant cet élément favorable dans lequel la nourriture va se raréfier. Nous conseillons de l'utiliser au plus vite, dans l'année après le dernier retournement.
Quelques conseils : Gardez une réserve de matière riche en carbone près du silo (feuilles mortes, broyat,...). C'est en effet la matière la plus difficile à se procurer hors saison de taille ou de fauche. N'oubliez pas qu'une grande partie des matières carboniques ne sont pas disponibles toute l'année. Hors l'équilibre Carbone/Azote doit se faire toute l'année ! Il faut donc que vous ayez de la matière carbonée disponible du début du printemps jusqu'au début de l'hiver. Réservez éventuellement un silo ou un silo en treillis pour ces matières.

Si votre compost est trop mouillé, mélangez-le bien car certaines zones, surtout à l'extérieur, peuvent être trop mouillées ou trop sèches. Par temps sec, découvrez votre container quelque temps, et veiller à le recouvrir par temps de pluie... Re-mélangez si nécessaire. S'il est vraiment trop humide, étalez une partie du compost sur le sol (toujours par temps sec!), laissez le surplus d'eau percoler (quelques heures à plusieurs jours si besoin) et remettez dans le bac.
Si votre compost est trop sec, arrosez-le en le retournant. Vérifiez si l'aération n'est pas trop forte (espaces entre les planches trop grands, endroit trop venteux,...). Si l'emplacement semble bon (ou vous n'avez peut-être pas ce choix de celui-ci), couvrez votre tas avec une bâche après arrosage, elle gardera l'humidité. Ne gardez pas cette couverture imperméable plus de quelques jours.

Le compost est fini !

Maintenant que le processus de compostage est terminé il faut le récolter et . . . l'utiliser. Il est important que le compost soit "mûr" pour l'utiliser. Un compost qui n'est pas arrivé à maturité suffisante peut éventuellement être utilisé au pied d'arbres adultes mais certainement pas sur le potager ou avec des jeunes arbres ou arbustes, il risquerait de "brûler" vos plantes.

Comment reconnaître un compost mûr ?Il y a 3 caractéristiques qui ne trompent pas :
1- La couleur : Un compost mûr a une couleur brune ou noire selon les matières organiques utilisées pour sa fabrication. Un compost brun clair ou verdâtre n'est devra être laissé encore quelques temps tranquille.

2-L'odeur : Un compost mur doit sentir l'humus forestier", l'odeur des sous-bois lorsque vous vous promener en forêt un petit matin... Si vous reconnaissez une odeur de chou, de pomme de terre ou d'oignon, attendez encore avant de le récolter.

3-L'apparence : Si vous reconnaissez encore des bouts feuilles ou qu'il reste des morceaux d'épluchures de pomme de terre dans votre compost, c'est que tout n'a pas été dégradé. S'il vous semble que votre compost stagne dans son état, n'hésitez pas à le re-mélanger afin de relancer le processus ! Il faudra éventuellement remouiller un peu le tout en le mélangeant "à la fourche légère". En effet, il n'est pas rare qu'un compost traine pour arriver à maturité lorsque le taux d'humidité est trop faible.

Comme nous l'avons vu, ce sont les micro-organismes (principalement les vers de compost) qui terminent la maturation. Si le milieu devient  trop sec, ils l'abandonneront.

Les avantages du compost : Le compost, une fois terminé, sera utilisé comme amendement de sol. Sur votre potager bien sûr, mais également sur vos parterres de fleurs, sous vos arbres fruitiers, ou encore dans vos jardinières et plantes d'intérieur. Les propriétés formidables du compost sont principalement dues à la formation des complexes colloïdaux argilo-humiques. L'utilisation du compost est intéressante à plusieurs points de vue:

Effet sur la structure du sol :

  1. amélioration de la structure du sol par augmentation des agrégats (pénétration des racines facilitée et exploitation du sol favorisée);
  2. meilleure perméabilité à l'air et à l'eau;
  3. meilleure rétention d'eau (effet éponge);
  4. réduction importante de l'effet du gel, de l'érosion (de l'eau et du vent) et diminution de la dessiccation par ventilation;
  5. le compost de couleur foncée, augmente l'absorption des rayons solaires (réchauffement).

Effets sur les caractéristiques physico-chimiques du sol :

  1. en se minéralisant, le compost fournit des substances nutritives progressivement assimilables par les plantes;
  2. le compost bien mûr évite une acidification du sol ou corrige l'acidité d'un sol par effet tampon.

Effets sur la biologie :

  1. la présence de micro-organismes divers dans le compost, augmente l'activité biologique du sol qui fixe par exemple l'azote de l'air ou rend assimilable par les plantes du soufre, du phosphore, des oligo-éléments contenus dans les roches;
    (Cette activité biologique favorisée, répercute elle-même ces effets sur la structure du sol et ces capacités physiques et chimiques)
  2. l'activité microbienne limite le développement d'organismes pathogènes (directement dans le sol ou dans les plantes par absorption par celle-ci de substances actives, d'hormones ou d'antibiotiques);
  3. permet un meilleur développement racinaire (mycorhizes plus actifs).

Le complexe argilo-humique

Les complexes argilo-humiques sont des grumeaux, chacun étant un ensemble de grains de sable et limons liés en agrégats par de l'argile floculée (colloïdes).
L'absence de ces complexes donne certaines structures de sol défavorables au développement des plantes :

 


Les sols sableux sans aucune liaison :

  • ils sont filtrants, ne retiennent pas l'eau qui s'écoule en profondeur si le sable est grossier;
  • ils se tassent et forment une croûte si le sable est très fin.

 


Les sols argileux sans aération :

  • ils sont asphyxiants, imperméables à l'air et à l'eau;
  • ils offrent une grande résistance à la pénétration des racines;
ils sont difficiles à travailler. Par contre, les sols grumeleux avec de bons complexes argilo-humiques sont les plus avantageux :



Sols grumeleux riches en complexes argilo-humiques :

  • ils laissent s'écouler l'excès d'eau mais en retiennent assez dans un réseau capillaire;
  • ils assurent une bonne aération;
  • ils facilitent la pénétration des racines;
  • ils jouent un rôle important dans les propriétés physico-chimiques du sol.

 

L'utilisation du compost

Pour le potager

L'utilisation du compost sur le potager ne doit pas être raisonnée comme l'application d'un fertilisant qui doit être apporté à de justes doses. Le compost est une matière organique végétale de grande qualité.
Son épandage doit être envisagé comme un facteur général d'amélioration de la structure et de la fertilité du sol. La quantité épandue ne doit donc pas être calculée au kilo près !
Voici un tableau qui peut vous aider à estimer la quantité de compost à étaler sur votre jardin :

Quantité de compost au potager à l'Are

Type de sol / de plante

Sol pauvre ou Plantes exigeantes

Plantes moyennement exigeantes

Sol pauvre ou
Plantes peu exigeantes

Sol riche et Plantes  exigeantes

Sol riche et Plantes  moyennement exigeantes

Exemple de plante

Pomme de terre, choux, tomate, potiron, concombre,...

Laitue, épinard, oignon, carotte,

Haricot, petits pois, radis, fraisier,

Pomme de terre, choux, tomate, potiron, concombre,...

Laitue, épinard, oignon, carotte,

Qté (KG)

1.000 - 1.250

750

250 - 500

250

500

Qté (M3)

2 - 2,5

1,5

0,5 - 1

0,5

1

Epaisseur (Cm)

2 - 2,5

1,5

0,5 - 1

0,5

1

Remarquons que la densité du compost peut varier de 500 à 800 Kg/M3.

Le compost est étalé sur le sol et est incorporé par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol. Il peut être appliqué mi-mûr en début d'hiver, il continuera alors lentement sa maturation, ou mûr au début de printemps. Par son apport, la "vie du sol" va être réactivée et entretenue, il ne sera même plus nécessaire de bêcher le potager. Le compost peut aussi être réparti en paillis de +/- 2 cm d'épaisseur au pied des légumes à fruit (tomates, concombres, potirons, fraisiers,...).

Voici 2 "recettes" de terreaux qui peuvent vous être utiles au jardin :

Produit
Terre
Compost
Sable
Chaux dolomique
Os moulus
Farine de plume ou de sang

Semis (Litres ou Gr)
3 L
3 L
3 L
30 Gr
25 Gr
-

Rempotage (Litres ou Gr)
4 L
4 L
2 L
30 Gr
35 Gr
45 Gr

Pour le jardin d'agrément.
Le compost sera ici aussi incorporé dans les premiers centimètres du sol.

Type de sol / de plante
Sol pauvre ou Plantes exigeantes
Plantes moyennement exigeantes
Sol pauvre ou Plantes peu exigeantes

Quantité (KG)
800 - 1.000
600 - 800
400 - 600

Quantité (M3)
1,6 - 2
1,2 - 1,6
0,8 - 1,2

Epaisseur (Cm)
1,5 - 2
1 - 1,5
0,5 - 1

Autres utilisations du compost :

Pour semer une pelouse ou des plantes d'ornement : 8 - 10 Kg /m2 et mélanger jusqu'à 10-15 cm de profondeur.

Pour planter arbres ou arbustes : mélanger 20% de compost avec la terre dans le puits de plantation.

Pour protéger le sol, en couche de paillis : répartir une couche de 3-5 cm en surface sans mélanger.
Le compost peut aussi être réparti en paillis de +/- 2 cm d'épaisseur au pied des plantations (attention de ne pas en mettre sur les collets des jeunes arbres).

Pour les jardinières
Le compost est mélangé dans les proportions suivantes :
  • Pour de nouvelles jardinières, mélanger 40% avec de la terre ordinaire.
  • Pour remplir d'anciennes jardinières: mélanger 20 à 30% de compost avec l'ancien terreau.
Valoriser un vieux terrain en friche

Vous avez un vieux terrain en friche, un jardin inexploité depuis des années, une prairie,... que vous désirez récupérer afin d'y faire un potager ou un parterre (ou encore une belle pelouse).

 

Le compost va vous aider :

  1. Fauchez à ras ou tondez le terrain (de préférence à l'automne);
  2. Si le sol est trop sec, mouillez-le ;
  3. Couvrez la surface à traiter de cartons blancs ou bruns non colorés et mouillez-les
  4. Recouvrez-le tout de 5-10 cm de compost mûr

L'année suivante, le carton aura été décomposé et la plupart des "mauvaises herbes" auront disparu (le carton et la couche de compost les auront empêché de pousser). Vous pouvez utiliser ce terrain ainsi récupéré... Entretenez cette surface en ajoutant 2-3 cm de compost par an (ou plus selon l'usage).

Est-ce que les copeaux/sciures de bois d'élagage peuvent être utilisés dans le compost ?

Les copeaux de conifères sont acides, mais sont compostables sans problème. Les branches déchiquetées des arbres à feuilles caduques sont excellentes, car elles sont très riches en protéines. Le rapport C/N des copeaux et sciures est entre 60 à 120.

Certains copeaux ne se décomposeront pas rapidement comme par exemple ceux issus des essences exotiques, en effet, nos micro-organismes n'ont pas l'habitude de les dégrader. Mais incorporés dans le compost ils aideront au drainage et à l'aération. Ne faites pas des "paquets" de copeaux dans le compost, mélangez-les bien avec les matières azotées.

Les copeaux peuvent également aussi être utilisés comme paillis, ils diminueront la pousse des herbes indésirables et les arrosages.